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Les recommandations avant les normes : pour qu’un site soit accessible à tous
samedi 23 février 2008 par Caroline DeconinckLES RECOMMANDANTIONS AVANT LES NORMES : POUR QU’UN SITE WEB SOIT ACCESSIBLE A TOUS
W3C/WAI/WCAG
L’accessibilité n’est pas une idée récente. Le W3C (world wide web consortium) s’est penché sur le sujet dès 1996 en fondant la WAI (web initiative accessibility). La WAI a pour objectif d’établir des recommandations afin de rendre le web accessible aux personnes atteintes de handicap.
Le projet est lancé à l’initiative des Etats-Unis et de la Commission européenne, il est financé par des industriels et des gouvernements. Conformément à ses objectifs, le W3C veille à la compatibilité des technologies du web, favorise l’interopérabilité par le développement de recommandations ayant valeurs de standards industriels internationaux (et non de normes).
La WAI coordonne 5 activités :
le développement des techniques, centré sur les protocoles du web afin d’assurer la compatibilité,
la rédaction de guides d’utilisation de ces technologies à destination des programmeurs et développeurs de sites et des éditeurs de logiciels,
la création d’outils pour analyser et évaluer le niveau accessibilité des pages web,
l’information et la sensibilisation de la communauté Internet à l’accessibilité,
la recherche dans le développement et la technologie.
En 1999, la WAI a publié la première version des directives pour l’accessibilité au contenu du web (web content accessibilité guidelines) connues sous le sigle WCAG 1.0. Elles s’adressent à tous les créateurs de contenu pour le web (auteurs de pages, concepteurs de sites) et aux développeurs d’outils de création de contenu. Elles concernent toutes les formes de handicap. Les 14 directives qui composent le WCAG constituent la base sur laquelle doit reposer toute conception de site web. A chaque directive, des points de contrôle sont associés et sont organisés en 3 niveaux de conformité. Le premier niveau « A » doit être respecté. Le deuxième niveau « AA » devrait être respecté. Le troisième niveau « AAA », le plus élevé et le plus complexe à mettre en place peut être respecté.
Ces directives ont été reconnues par l’Union européenne en 2002.
La nouvelle version des directives, WCAG 2.0, qui est en cours d’élaboration, est très attendue. Une première rédaction (draft) est maintenant consultable sur http://www.w3c.org et une traduction française est disponible sur http://www.webaccessibilite.net/tra... Pour obtenir un label W3C, un éditeur de site procède à une auto-évaluation et peut afficher sous forme de logo, le niveau de conformité atteint.
Le référentiel de l’ADAE et Accessiweb
L’ADAE (agence pour le développement de l’administration électronique) a produit un référentiel en 2004. L’association Braillenet a travaillé avec l’ADAE à l’élaboration du référentiel.
Se basant sur les directives du W3C, Braillenet a développé Accessiweb : une méthode d’application du WCAG1.0. Pour aider les créateurs de contenu et les développeurs, l’association Braillenet met à leur disposition son guide accessiweb et la barre accessiweb, outil semi-automatisé d’évaluation de pages web. Braillenet propose aussi la labellisation des sites internet, selon 3 niveaux de qualité : bronze, argent et or. La labellisation est faite par Braillenet, c’est une prestation payante. Le label obtenu est valable 24 mois, étant donné le renouvellement des sites et l’évolution du référentiel. Le référentiel accessiweb se divise en 13 parties et contient 92 critères en tout.
LE RGAA
En 2006, la DGME (direction générale de la modernisation de l’état) voit le jour et remplace l’ADAE. Elle reprend son travail d’élaboration d’un référentiel et crée le référentiel général d’accessibilité pour les administrations (RGAA). Une version initiale a fait l’objet d’appel à commentaires et nous attendons la publication de la version définitive « qui devra être utilisée en remplacement de tout autre référentiel ». C’est la version actualisée du RGAA qui servira de référence au décret d’application de l’article 47 de la loi du 11 février 2005.
Attention, le lien proposé ci-dessus n’est momentanément plus valide. La DGME propose la version en cours de validation du RGAA à cette adresse :http://www.thematiques.modernisatio...
Pour mettre en application ce référentiel, il est prévu de mettre en place des plans de formation, de réaliser des outils d’évaluation des pages web. Les administrations, services de l’état, collectivités territoriales concernés par le décret devront déposer un dossier de conformité de leur site internet pour être en règle.
Les administrations auront 3 ans pour atteindre le niveau d’accessibilité imposé, il correspond globalement au niveau AA du WCAG 1.0. Le processus de certification sera précisé par le décret d’application, mais à la lecture du texte actuel, les administrations sont responsables de l’évaluation de leur site et doivent déposer le certificat de conformité de leur site. Un contrôle a-postériori pourra être fait, les usagers pourraient signaler les sites non conformes à un organisme désigné. Le décret doit aussi en préciser les modalités.
Ces dispositions nous inspirent quelques remarques... Les administrations pourront procéder à une auto-évaluation, à condition d’avoir un personnel formé et disponible. Mais qui formera et dans quel délai ? Elles pourrons aussi avoir recours à un prestataire extérieur. Mais comment s’assurer des compétences du prestataire ? Sera-t-il agrémenté ?
CREATION OU MISE EN CONFORMITE D’UN SITE : LES ELEMENTS A INCLURE AU CAHIER DES CHARGES
Dès la publication du décret
Si la conception du site est confiée à un prestataire, le cahier des charges devra faire expressément référence à la version la plus récente du RGAA et spécifier le niveau d’accessibilité à atteindre et « clairement distinguer les critères obligatoires des critères recommandés sur lesquels seront effectués la recette du service. » La recette devra porter sur tous les tests préconisés. Il n’y aura plus que deux niveaux d’accessibilité possible : le premier est obligatoire et correspond au niveau AA du WCAG, le deuxième est recommandé et correspond au niveau AAA du WCAG.
Pour la mise en conformité d’un site existant, il faudra faire un bilan à l’aide d’outils d’analyse et de contrôle délivrés (ou validés ?) par la DGME. Ces tests serviront à l’établissement du cahier des charges et aideront à déterminer l’échéancier de la mise en conformité (de N+1 à N+3).
Et dans l’attente de la publication du décret ?
Plus un site respecte la WCAG du W3C /WAI, plus sa mise en conformité sera aisée.
Le plus simple est donc de spécifier, dans le cahier des charges, le respect des recommandations WAI, en précisant le degré d’accessibilité voulu (A, AA, ou AAA).
Quelques conseils à suivre lors de la conception d’un site pour rendre la navigation plus facile aux non-voyants ou malvoyants, par Benjamin Halberstatd - la Librairie Lire en tout sens
Eviter absolument les pages qui changent d’organisation à chaque clic. Ce n’est pas du tout adapté à l’utilisation des synthétiseurs vocaux
Conserver la même disposition de l’information (hiérarchie de l’information) sur toutes les pages de son site. Par exemple, sur le site de Lire en tout sens, les informations importantes sont toujours au milieu et on trouve toujours deux colonnes, gauche et droite avec d’autres données, des liens...
Offrir la possibilité d’adapter la feuille de style (contraste, couleur de fond et des caractères). Selon le langage de programmation utilisé, cette option peut être facile à mettre en place. C’est aisé avec XHTML
Penser au travail sur les couleurs, privilégier les contrastes (foncé sur fond clair)
Il vaut mieux découper les pages en cadre. Une synthèse vocale lit de haut à gauche à en bas à droite ; avec un découpage en cadre, la synthèse vocale permet d’aller directement au cadre intéressant et évite la lecture des informations répétées sur toutes les pages du site, à condition que les cadres soient correctement balisés !
Pour tester l’accessibilité de son site
En attendant que la DGME mette des outils d’évaluation en place, on peut déjà explorer la liste des tests du référentiel actuel. Tous les tests sont disponibles sur http://rgaa.referentiels.modernisat... ou http://www.thematiques.modernisatio... et sont détaillés dans le pdf « points de contrôle canal web » et condensés sous forme de tableau de bord « Tests canal web »
D’autres outils permettent d’avoir une idée du niveau d’accessibilité de son site :
La barre accessiweb, en faisant une analyse automatique ou semi-automatique d’une page web affichée, permet d’en interpréter l’accessibilité et le niveau selon les critères accessiweb. La barre peut être téléchargée gratuitement depuis le site http://www.accessiweb.org Elle s’installe dans le navigateur et permet de procéder à l’analyse des pages web, point par point.
Le guide accessiweb, téléchargeable ou interrogeable en ligne (même adresse que ci-dessus) liste aussi une série d’outils d’aide en ligne ou à télécharger : barres d’outils accessibilité pour Internet Explorer et Web developpeur pour Firefox, navigateur textuel Lynx, navigateur vocal IBM Home page reader, services de validation W3C et d’autres encore.
On trouve aussi une série d’outils sur http://www.paciellogroup.com/resour.... Paciello est une société américaine impliquée depuis vingt ans dans l’accessibilité du web et contribue à la mise à jour de la section 508, législation des Etats-Unis en matière d’accessibilité. Il existe des versions différentes d’outils WAT (web accessibility tools) selon les navigateurs. On trouve une version récente de WAT pour Internet Explorer en français sur http://www.fairytells.net/WAT/aprop...
Pour en savoir plus sur l’accessibilité du web
A la demande de Predim, l’association URBA 2000 a réalisé un guide très clair et complet : « guide de l’accessibilité numérique des service de communication publique en ligne ». Le guide est disponible au format pdf sur le site de Predim : http://www.predim.org/spip.php?arti... ou depuis la page : http://www.urba2000.com/guide/page1.htm
Repérer les sites accessibles dans l’immensité de la toile
Rien ne remplacera la sélection des sites par les usagers en situation de handicap. Qui, mieux qu’eux pourraient apprécier l’ergonomie d’un site, l’adaptation à leur handicap. Cependant, il convient de trouver toutes les solutions pour rendre cette quête plus féconde : mutualisation, utilisation d’outils.
Un des projets du groupe de travail ALPHAbib piloté par la BPI est l’élaboration d’un répertoire de sites accessibles. D’autres structures ont déjà mis en ligne des sélections réalisées. En voici deux exemples :
La bibliothèque de Chambéry : sa sélection de sites accessibles aux déficients visuels est consultable sur le site http://www.lectura.fr
L’association handicap zéro : http://www.handicapzero.org est spécialisée dans l’accessibilité d’internet aux malvoyants et non-voyants. Sa sitothèque est régulièrement alimentée. Les internautes sont invités à proposer les sites accessibles qu’ils apprécient et à déposer des commentaires sur l’accessibilité des sites référencés.
On peut aussi envisager que les outils de tests qui seront mis à disposition par la DGME pourront servir à ce type d’évaluation des sites.
On peut aussi envisager que les outils de tests qui seront mis à disposition par la DGME pourront servir à ce type d’évaluation des sites. L’avantage d’utiliser ces référentiels pour tester l’accessibilité des sites est que, quel que soit le type et le niveau de handicap de l’usager, il sera théoriquement capable de naviguer sur ces sites avec le matériel dont il dispose.
Pour finir sur une note optimiste, songeons que dans trois ans et... quelques mois, (et après bien des efforts) tous les sites de service public seront accessibles et le principe d’un repérage des sites ne se posera plus, ou presque plus.

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